En ce jour de célébration de la Journée internationale des droits humains, nous vous invitons à une conférence de presse autour d’un thème qui est pour nous une violation des droits humains: les difficultés que rencontrent les immigré.e.s et en particuliers les femmes, à obtenir un rendez-vous à la Préfecture de Seine-Saint-Denis pour le traitement de leur demande de carte de séjour ou de naturalisation. En effet, suivant le concept du « droit d’avoir des droits » développé par Hannah Arendt, il est pour nous inadmissible que des êtres humains ne puissent obtenir des papiers auxquels ils ont droit et qui leur permettent d’obtenir un accès à d’autres droits légitimes. Tout cela en raison d’une mauvaise organisation du Service des étrangers de la Préfecture de la Seine-Saint-Denis.
Nous nous sommes rendu compte de la situation dans le cadre de nos permanences d’accueil de femmes où il nous a été très compliqué d’obtenir des rendez-vous auprès de la Préfecture pour les femmes que nous recevons. Depuis des mois, obtenir un rendez-vous pour déposer une demande au service des étrangers de la Préfecture de Bobigny est devenu un véritable parcours d’obstacles en raison de l’obligation faite de passer par le site internet de la Préfecture. La dématérialisation a pour conséquence la diminution d’ouverture des guichets et la suppression de guichets, notamment pour les premières demandes.
Bien souvent, même si on a un ordinateur et une connexion internet, il faut passer beaucoup de temps devant son écran, répéter et répéter les tentatives. Et au final, on se voit notifier par le site de l’administration : « Il n’existe plus de plage horaire libre pour votre demande de rendez-vous. Veuillez recommencer ultérieurement ».
Notre association a lancé l’alerte sur ce sujet au printemps dernier et a été entendue par divers élu.e.s et organisations. Des groupements d’associations comme le Collectif du Livre Noir (rassemblant notamment le GISTI, la CIMADE, la LDH, RESF), la Députée Marie-George Buffet, le Député Stéphane Peu, Pascale Labbé et Abdel Sadi, pour le groupe communiste, Front de Gauche du conseil départemental de Seine-Saint-Denis ou des élus de Plaine Commune, entre autres, se sont mobilisés autour de la question.
Aucune de ces initiatives n’est parvenue à modifier la situation.
Nous pensons qu’en menant une action collective d’envergure nous pourrons obtenir des
résultats. C’est pourquoi nous avons organisé une première réunion le lundi 14 Octobre à
laquelle ont participé ou ont été représenté : Fabien Gay, Sénateur, le Collectif du Livre noir,
la Mairie de Bondy, Alexis Corbières, Député, Jean-Christophe Lagarde, Député, Aude
Lagarde, Maire, le CIDFF 93, l’association AFRICA, des militantes de Femmes solidaires
ainsi que des citoyen.ne.s.
Afin d’amplifier le mouvement, nous vous invitons à une conférence de presse qui se
déroulera dans le local du Comité départemental de la Seine-Saint-Denis de Femmes
Solidaires (25, Rue du Chemin Vert, 93000 Bobigny) le 10 décembre 2019 à 11h.
Durant cette conférence de presse nous vous présenterons plus en détails les raisons de
notre engagement pour que l’obtention d’un rendez-vous avec les services de la Préfecture
devienne simple et rapide. Nous vous préciserons également tout ce que cela entraîne
comme conséquences concrètes pour les personnes immigrées vivant en Seine-Saint-Denis, notamment par des témoignages de femmes ayant rencontré ce problème. Nous vous communiquerons également un dossier de presse détaillant toutes les dimensions du
problème et nos propositions.