Non à la rupture d’égalité dans l’accès aux droits au Service des étrangers de Bobigny !

Voilà ce que l’on voit lorsque l’on essaye de prendre un rendez-vous avec le Service des étrangers de la Préfecture de la Seine-Saint-Denis pour le renouvellement de son titre de séjour ou une demande de naturalisation.

Femmes solidaires accompagne de nombreuses femmes étrangères dans l’accomplissement de leurs démarches et a constaté des difficultés à obtenir un rendez-vous à la Préfecture même en passant des heures des heures devant un ordinateur.

Depuis avril 2017, les services préfectoraux de Bobigny en charge des personnes étrangères en Seine Saint Denis ont en effet mis en place un service de prise de rendez-vous par internet, notamment pour le dépôt d’une demande de titre de séjour ou son renouvellement et depuis cette date quasiment aucun rendez-vous n’est disponible.

La numérisation des procédures était censée mettre fin aux files d’attente sur le parvis de la Préfecture. Elle est finalement un obstacle de plus dans le quotidien précaire des demandeurs. Plus personne ne répond aux demandes des étrangers ni au téléphone, ni physiquement ; toutes les demandes sont redirigées vers internet. Le numérique fragilise les personnes âgés, les familles en situation de précarité et encore plus les étranger-e-s qui subissent en plus la méconnaissance de la langue.

Le passage au « tout-Internet » ne doit pas être une barrière invisible permettant la délivrance d’un moins grand nombre de titres de séjour, en toute discrétion. C’est, sans le dire, une façon d’appliquer encore plus durement l’esprit de la Loi Asile et immigration du 10 septembre 2018. Cette loi avait pour but de limiter le nombre d’attribution de cartes de séjour.

La longue attente pour un rendez-vous entraîne de graves conséquences : arrêt du versement des allocations familiales et d’autres prestations sociales, remise en cause du bail, difficultés dans le travail. Toutes ces difficultés touchent plus particulièrement les femmes vivant en Seine-Saint-Denis, car elles sont en majorité seules à élever leurs enfants.

C’est pour ces raisons que Femmes solidaires mène depuis plusieurs mois une campagne pour que cette situation change afin que toutes et tous puissent obtenir un rendez-vous et faire valoir leurs droits.